Nomophobie : l’addiction au Smartphone

La nomophobie, ou la peur d’être séparé de son téléphone portable. Le progrès nous propose de nouvelles phobies encore inconnues il y a une génération… Avez-vous un portable ? Quelle relation entretenez-vous avec votre téléphone ? Etes-vous addict ? Je vous propose de mieux comprendre en quoi le smartphone peut devenir gênant et quelles émotions cela engendre. Si vous êtes curieux, je vous invite en fin d’article à faire un test pour évaluer si vous êtes nomophobe… ou pas, ainsi qu’une méthode pour lutter contre la nomophobie.

Le smartphone, un ascenseur émotionnel.

Avez-vous conscience de toutes les émotions que vous n’auriez pas ressenties dans votre journée si vous n’aviez pas de smartphone ? Leur nature ? Leur intensité ? Ce qu’elles vous racontent sur vous ?

Je me suis posé ces questions. Pour y répondre, j’ai commencé par m’observer. J’ai observé mes proches. J’ai écouté mes clients, les personnes que je rencontre. Je me suis documentée.

Je me garderais de juger si c’est bien ou pas. Chacun de vous validera ou invalidera mes propos par sa propre expérience. L’idée est d’inviter, qui le souhaite, à s’interroger sur son rapport personnel à cet objet.

La nomophobie, définition

La nomophobie, c’est la phobie d’être séparé de son téléphone. Son nom vient de no-mobile phobia.
Certaines personnes, à la simple pensée d’être séparé de leur portable, peuvent ressentir de violentes angoisses.

N’importe qui peut être concerné mais cette pathologie touche majoritairement :
- Les 18-35 ans.
- Les personnes introverties qui voient en leur portable une opportunité d’interagir socialement.
- Des personnes en quête de reconnaissance qui exposent au monde leur quotidien.
- Des personnes en manque de confiance qui tentent, en se dévoilant, de booster leur estime de soi.
- Ou encore des « voyeuristes » qui se nourrissent de la vie des autres, fantasment leur vie qui parait parfaite ou encore se comparent. Ce qui peut venir aussi alimenter un sentiment d’infériorité. Face à ces vies idéales, ces personnes idéales, certains penseront que leur propre vie est insipide, inutile. D’autres complexeront sur leur physique.
Puisque j’en suis à évoquer la relation peur/portable, il y a aussi le syndrome FOMO (Fear Of Missing Out) qui est la peur de rater quelque chose, une information.

La conséquence directe de la nomophobie et du syndrome FOMO est l’addiction au smartphone.

Le smartphone fait évoluer nos comportements

Dans le Parisien du 3 septembre 2017, le journaliste Daniel Rosenweg écrivait ceci :
« Le cadran a tourné. Le 31 décembre, après un siècle de bons et loyaux services, les dernières cabines téléphoniques publiques vont disparaître, balayées par le succès du mobile. Si la France en a compté jusqu'à 300 000 dans les années 1990, en cette rentrée 2017 elles ne sont plus que 5 450, selon Orange, qui a donc programmé leur disparition pour la fin de l'année. »

Ayant eu une vie avant 1990, comme nombre d’entre vous, j’ai connu le « Je n’ai pas pu te prévenir car je n’avais pas de monnaie pour le téléphone » ou « je n’ai pas trouvé de cabine téléphonique ». Et, la peur de nous faire réprimander ou d’inquiéter nos parents pouvait aussi nous faire rentrer à l’heure.

Lorsqu’on ne parvenait pas à joindre quelqu’un, on se disait simplement qu’il n’était pas chez lui. On rappellerait plus tard.
Tout ceci était normal car nous n’avions encore pas la cabine téléphonique dans notre poche.

Que peut-on observer aujourd’hui :

• Quand nous appelons quelqu’un sans parvenir à le joindre, nous mettons souvent la machine à suppositions en route : « il ne me répond pas parce que…, il doit être….». Quand ce n’est pas « j’espère qu’il ne lui ait pas arrivé quelque chose ».

• Quand nous finissons par avoir cette personne en ligne, 9 fois sur 10, elle se justifie : « Désolée, je n’ai pas pu te répondre, j’étais… ou je faisais…».

• Une des premières phrases que l’on prononce en appelant est : «Je ne te dérange pas ? ».
Ce tic de langage, à mon sens, en dit long sur notre rapport au portable. Autrefois, quand le téléphone filaire sonnait, soit nous stoppions notre activité pour aller répondre, soit nous ne répondions tout simplement pas. Aujourd’hui, le téléphone est sur nous en quasi-permanence. Beaucoup se font un devoir de répondre même en continuant leur activité laissant ainsi l’autre entrer ainsi dans sa sphère intime. Cela devient naturel. Et comme l’autre en fait souvent de même l’inconscient collectif est en train de se façonner au devoir de répondre.
Ne serait-ce pas intéressant de se demander, si en posant cette question, nous ne mettons pas en doute la capacité de l’autre à savoir ne pas répondre quand ce n’est pas le moment pour lui ?

Smartphone, les conséquences émotionnelles

Cet appareil qui nous colle à la peau, aujourd’hui fait presque partie de nous. Comme une extension, un module complémentaire que nous nous auto-greffons. Notre smartphone nous rend plus SMART (traduction : intelligent, futé, élégant). Alors, au-delà de la nomophobie,  comment cet outil si pratique au demeurant impacte-t-il notre système émotionnel ?

D’abord parce que sans lui, il est très peu probable que dans une seule et même journée nous eussions ressenti autant d’émotions.
Une notification d’un réseau social par-ci, un e-mail par-là, un sms, un coup de fil… les occasions que notre portable a de se manifester sont devenues quasi permanentes.

A chaque bip, chaque vibration, chaque sonnerie, notre système émotionnel réagi.

Exemple

Nous pouvons ressentir successivement la surprise « Tiens ! Un message » ; puis la curiosité « Qui c’est ? Qu’est-ce qu’il me veut ? » ; la joie « Chouette Joséphine » ; l’agacement « Non pas encore lui » ; la peur « Pourquoi elle ? Il doit se passer quelque chose de grave pour qu’elle m’appelle » ; puis en scrollant le fil d’actualité : colère, dégoût, tristesse, envie, honte, désespoir, etc. Quand ce n’est pas plusieurs de ces émotions simultanément.
Sans portable, nous n’aurions très probablement pas vu ou entendu toutes ces infos. Notre système émotionnel n’aurait pas été autant sollicité, du coup, notre système hormonal non plus.

Autre exemple

Les curseurs émotionnels de chacun ne sont ni aux mêmes endroits ni sur la même intensité.
Imaginons, par exemple, qu’un de nos contacts nous partage une vidéo qu’il trouve hilarante voulant nous faire rire. Mais que cette vidéo vienne nous heurter et nous mettre en colère.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait aucun jalon posé autour de cette vidéo. Nous l’avons prise de plein fouet avec notre humeur du jour, dans notre contexte du moment, dans un moment inopportun. Elle s’est invitée dans notre bulle. Peut-être est-elle venue heurter une de nos valeurs ?

Malgré sa bonne intention, ce contact ne nous connait pas suffisamment bien. Il s’est quand même permis ce partage car cela fait aujourd’hui partie des échanges sociaux tout simplement. Ne serait-ce pas intéressant de nous questionner alors avant de partager quelque chose à nos contacts ? Connait-on suffisamment cette personne pour nous permettre d’entrer dans son quotidien sans qu’il nous ait invités, sans connaître ses propres filtres ?

Le volume et la variété des émotions ressenties quotidiennement sont donc largement alimentés par le smartphone.

la nomophobie

Nomophobie : les conséquences de la dépendance au smartphone

Je vous propose un focus sur deux émotions étroitement liées au smartphone. La jalousie et la culpabilité.

Le smartphone et la jalousie

Certains passent énormément de temps sur leur smartphone alors même qu’ils sont en présence de leurs proches. Ces derniers peuvent alors se sentir relégués au second plan. Ils peuvent développer un sentiment de jalousie vis-à-vis des personnes avec qui leur proche est en contact. Quand ce n’est pas vis-à-vis du téléphone lui-même.

Dans les couples, le portable peut engendrer un sentiment de jalousie qui n’aurait jamais vu le jour autrement. En voyant son conjoint répondre fréquemment à des messages sans savoir avec qui il communique peut donner matière à interprétations. Pour peu qu’un petit sourire s’affiche aux coins de ses lèvres et c’est le film assuré ! Un climat de suspicion est né, la jalousie s’installe insidieusement pour se nourrir à la moindre occasion.

Jalousie, tristesse, déception, peut pousser le conjoint à fouiller dans le portable de son partenaire en quête de réponse. Conscient de l’irrespect de cette action, il va alors ressentir de la culpabilité

Smartphone et culpabilité 

Culpabilité, d’abord pour la raison précédemment évoquée et aussi due à notre rapport à soi, aux autres et au temps.
Imaginons que nous sommes en train de travailler bien concentrés, hop ! Un p’tit bip et c’est fini… déconcentrés. Il nous faudra en moyenne 20 minutes pour retrouver le même taux de concentration. Une fois dans la journée, ça passe. Mais lorsque cela devient récurant ce n’est plus la même chose. Ce flux vient nous désorganiser, nous polluer. Nous nous sentons alors submergés, avons la sensation de ne pas avancer. Et nous culpabilisons « j’aurai dû éteindre mon portable » quand ce n’est pas « je suis trop nul ! ». Et pourquoi n’avons-nous pas éteint notre portable ? FOMO ! CQFD. (Vive la nomophobie !)

Parmi les personnes que j’ai accompagnées, certaines d’entre elles se sentaient coupables si elles ne répondaient pas dans l’instant à un message. Et, pour peu que ce message provienne d’une personne proche ou d’un supérieur hiérarchique, le sentiment de culpabilité est décuplé. C’est ainsi que la vie professionnelle vient empiéter sur la vie personnelle et vice-versa ; nouvelle raison de culpabiliser ! Le serpent se mord la queue.

Combien de messages, toutes formes confondues, recevez-vous par jour ? Prenez-vous le temps de répondre à chacune ?
Qu’est-ce que ça vient toucher chez vous ? Culpabilité ? Déception de ne pas avoir eu le temps de ce que faire ce vous vouliez faire ? Qu’est-ce que cela génère : procrastination, colère, agacements, stress, fatigue ?

Et si nous nous posions pour faire un point. Et si nous replacions cet objet à sa juste place, qu’aurions-nous à gagner ? Du temps ? Du calme ? De la sérénité ?

Méthode contre la nomophobie

Comment faire pour être moins dépendant de son téléphone portable ?

1) Evaluer son degré de dépendance au smartphone : TEST

Vivez-vous une addiction au smarphone ?
Connaissez-vous votre degré de dépendance à votre téléphone portable ? Combien de minutes, d’heures lui consacrez-vous par jour ?
Pour bien évaluer votre relation de dépendance à votre smartphone, je vous propose de faire un test (quelques minutes suffisent)

2) Repositionner ses curseurs utilité/nécessité/temps passé

D’abord en répondant à ses questions :
- Qu’est ce qui m’a conduit à avoir un smartphone ?
- Quelle est, pour moi, sa fonction première ?
Puis en faisant un point sur sa propre utilisation quotidienne (fréquence, satisfaction, degré de d’importance pour soi) pour :
- S’informer
- Communiquer
- Créer du lien
- Partager
- Se distraire
- Exister
- Autre :

3/ Adapter son comportement

Les deux étapes précédentes permettront probablement de trouver les comportements à modifier. Une chose importante est de savoir si l’on a envie de les modifier.
Pour stimuler son envie, on peut imaginer les bénéfices que ces nouveaux comportements nous apporterons.

Il se peut qu’elles aient permis de trouver ses comportements à adapter et que l’on soit capable seul de le faire.
Si l’éclairage n’a pas été suffisant, ou si vous ne voyez pas comment modifier ces comportements, un accompagnement personnalisé par un coach sera alors utile. N’hésitez pas.

FIN DE L'ARTICLE
Marie ROCHER, Responsable Pôle Émotions Parenthèses Coaching

Et si vous pouviez gérer votre nomophobie ?

Si vous aussi, vous avez l'impression que vous ne parvenez pas à gérer votre dépendance à votre smartphone, et que vous vous sentez démunis, c’est peut être le moment pour vous de vous faire accompagner pour avancer rapidement et efficacement.

Bonne nouvelle ! Nous vous offrons une évaluation gratuite de votre situation au cours d’un entretien de 15 minutes par téléphone avec un coach expert.

A quoi vous attendre durant cet entretien gratuit de 15 minutes :

1- Une évaluation précise de votre situation par un coach spécialiste 

2- Vérifier si notre méthode de coaching est adaptée à votre situation

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Alors, prenez un raccourci dans votre vie, et planifiez votre rendez-vous au jour et à l’heure qui vous conviennent le mieux.

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